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jeudi 27 mars 2014

Enfin les RFID arrivent…

Cela fait longtemps que l'on parle de la venu de puces électroniques dans les livres des bibliothèque du Réseau afin de remplacer à la fois le code barre (pour le prêt/retour) et la bande-magnétique (pour la sécurité). Il s'agit des fameuses puces d'identification par radiofréquence (RFID pour Radio-frequency identification). Il devait y avoir dès 2013 des projets pilotes d'implantation dans certaines bibliothèques (St-Heuri notamment) mais il y a apparemment eut des retards.

En février le comité exécutif de la ville a finalement approuvé le projet d'automatisation des prêts et des retours de documents par l'entremise de postes libre-service. Le budget total du projet approche les 8 millions de dollars. Le projet se développera en trois phases.

samedi 8 février 2014

Contactez-nous et partagez

Si vous avez des questions ou de l'information pertinente sur ce qui se passe dans le réseau des bibliothèques de la ville de Montréal ou dans votre bibliothèque (d'un point de vue syndical et relation de travail) et que vous voulez la/les partager avec vos collègues aides-bibliothécaires et bibliotechniciens/nes, n'hésitez pas à nous écrire par courriel.

De plus, n'hésitez pas à nous laisser des commentaires dans ce blogue.

lundi 9 juin 2008

Des nouvelles de Rosemont


Les aides-bibliothécaires de la bibliothèque Rosemont ont appris, avec consternation, que trois nouveaux cadres seront embauchés dans notre arrondissement à titre de « Chefs de section - Bibliothèques. » Trois cadres de plus dans un seul arrondissement, ça me semble ÉNORME. L’arrondissement Rosemont-La-Petite-Patrie ne cesse de voir augmenter les besoins en services municipaux de sa population et aurait d’avantage besoin de nouveaux cols blancs que de cadres.

La bibliothèque Rosemont sera la première à être « analysée, gérée, contrôlée et évaluée » par la ou le nouveau gestionnaire. Son entrée devrait s’effectuer vers le mois de septembre. Il pourrait s’agir d’un ou d’une collègue de notre bibliothécaire responsable actuelle ou alors, d’une personne de l’extérieur qui, forcément, aurait besoin du support de notre bibliothécaire qui deviendrait alors bibliothécaire de référence ! Bonjour le malaise. À moins que l’on décide de la remplacer ou d’abolir son poste tout simplement. Nous sommes dans l’incertitude. Nous savons que notre syndicat ne représente pas les bibliothécaires mais nous pouvons nous demander si nous, les aides, nous seront protégés. Nos heures de travail n’ont cessées d’être diminuées et comprimées depuis janvier. Plusieurs remplacements ne sont pas comblés ou le sont partiellement.

Pour nourrir nos angoissantes questions, nous n’avons qu’à regarder ce qui s’est passé dernièrement dans l’arrondissement de Ville-Marie alors que des entrevues se sont tenues pour des postes d’aides-bibliothécaires sans que les postulants soient déjà dans le réseau des bibliothèques. La majeure partie des personnes reçues provenaient de l’externe. Le poste a été affiché mais est-ce qu’un bloc a été offert sur la banque réseau ? Non, parce que les postulants devaient être disponibles pour travailler en tout temps dans cet arrondissement. Ce qui leur permettra aussi, une fois embauchés, de se mettre disponibles sur la banque réseau.

Ce qui se passe dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve n’est pas plus encourageant. Si de plus en plus de bibliothèques se passent de la banque réseau pour combler leur besoin, comment les aides qui n’auront que quelques heures assurées pour l’été pourrons-t-il combler leur manque à gagner ? Alors que certains arrondissements peuvent s’échanger les employés pour des remplacements, l’arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie continue de combler les demandes de remplacements par la banque réseau. Donc, notre possibilité de faire des heures dans le réseau continue de diminuer et l’arrondissement ne favorise en rien la mobilité interne de ses aides.

De plus, la création de la nouvelle bibliothèque devrait ouvrir de nouveaux postes qui seraient directement offerts sur la banque réseau, sans considération pour les employés déjà en place dans l’arrondissement.

En conclusion, bien sûr ça va mal dans plusieurs arrondissements côté bibliothèque mais ça ne va guère mieux dans les autres. C’est l’incohérence dans notre parcours professionnel, c’est la démobilisation des employés, lentement mais sûrement, un arrondissement à la fois. Bien que syndiqués, nous n’avons aucune certitude quand à notre possibilité de pouvoir continuer à travailler dans les bibliothèques avec un nombre d’heures acceptables. Et nous avons l’impression d’avoir de moins en moins de pouvoir pour nous défendre.

Mon point de vue est qu’il ne saurait y avoir un système de gestion des aides-bibliothécaires par arrondissement. Les conditions de mobilité et d’équité doivent être les mêmes pour tous sinon il y aura désolidarisation des employés et injustices flagrantes.

J’aimerais savoir ce que l’on peut et doit faire pour que cesse l’accroissement des chefs et la dissémination des indiens. Si les aides de chaque arrondissement continuent de vivre leur vinaigrette amère de manière isolée, les « gains majeures » ne veulent rien dire du tout pour les employés des bibliothèques. Qu’est-ce qu’il faut pour que notre syndicat impose le respect des travailleurs en bibliothèques?

Ouf !

vendredi 9 mai 2008

Les bibliothèques de Montréal : laisser pour compte? Un exemple: Le Prévost


Pour juger d’un service public comme les bibliothèques, il y a au moins deux facteurs importants qu’il faut considérer : le service fourni et les conditions de travail de celles et ceux qui sont en première ligne (aides-bibliothécaires, techinienNes et bibliothécaires).

Un article récent[1], basé sur les normes des grandes villes canadiennes et le Diagnostic des bibliothèques municipales de l’Île de Montréal posé en 2005, commente la situation de la bibliothèque Le Prévost. En fonction de la population desservie (80 000 dans le cas de Le Prévost), selon les normes canadiennes, la bibliothèque n’atteint que :

· 33 % en termes d’espace;

· 54 % en termes de collection (la norme canadienne prévoit 3 livres par habitant. Le Prévost n’en a que 1,5 alors que le ratio est de 7 livres par habitant dans les villes de Westmount, Pointe-Claire et Mont-Royal);

· 36 % en ressources professionnelles;

· 38 % en ressources cléricales.

Conclusion évidente : manque d’espace, manque de livres et manque de ressources humaines. Voilà pour le service fourni par la Ville de Montréal et ses arrondissements.

En ce qui a trait aux conditions de travail de celles et ceux qui sont en première ligne, c’est-à-dire nous, nous n’avons qu’à comparer deux chiffres : alors que Le Prévost n’atteint qu’environ 54 % des normes canadiennes en termes de collection, les ressources humaines sont de beaucoup plus déficientes (36 % en ressources professionnelles et 38 % en ressources cléricales). Donc, pas assez de livres eu égard à la population desservie et pas assez de travailleuses et travailleurs par rapport au nombre de livres!

Si on ajoute le fait qu’en augmentant le nombre d’heures d’ouverture publique des bibliothèques, on a diminué le nombre d’heures de travail fournie pour chaque heure d’ouverture publique[2], cela n’augure pas une éventuelle atteinte des normes canadiennes, bien au contraire.

Et tout ça basé sur les chiffres tout ce qu’il y a de plus officiel de la Ville de Montréal!

Pourtant, chaque parti politique municipal prétend faire de la culture une de ses priorités, quand il prendra le pouvoir…



[1] L’arrondissement envisage l’agrandissement de la bibliothèque Le Prévost, Progrès de Villeray, 16 septembre 2007.

[2] Par exemple, à la bibliothèque Côte-des-Neiges, à la session automne 2003 (38 heures hebdomadaires d’ouverture publique), chaque heure d’ouverture publique impliquait 11,9 heures travaillées par les aides-bibliothécaires alors qu’à la session hiver 2007 (47 heures hebdomadaires d’ouverture publique), chaque heure d’ouverture publique impliquait 10,9 heures travaillées par les aides-bibliothécaires : une (1) heure de moins de travail pour chaque heure d’ouverture publique!

vendredi 9 juin 2006

L'État des choses

À l’ombre du temple du savoir

La Grande bibliothèque vit un incroyable succès. Elle attire chaque jour de 10 000 à 12 000 visiteurs. À l’est du noyau Berri, le portrait est beaucoup plus sombre. Les bibliothèques de quartiers de Montréal traînent la patte côté quantité de volumes, espace, services, nombre d'employés.

Par Marie-Ève Maheu

Au coin des rues Pie IX et Ontario Est, l’ancien hôtel de Ville du quartier Maisonneuve abrite la bibliothèque du quartier, fermée le lundi, ouverte qu’en après-midi et deux fois par semaine en soirée. La moitié du temps, il n’y a pas de bibliothécaire pour aider les usagers dans leur recherche. Ce jeudi après-midi d’avril, il n’y a qu’une douzaine de lecteurs qui parcourt les rayons.

«Ici, et c’est vrai pour toutes les bibliothèques de l’ancienne Ville de Montréal, il faudrait tripler le personnel pour répondre aux normes minimales de qualité, dit le bibliothécaire responsable à Maisonneuve, François Séguin. Il est aussi désespéré du manque d’espace. «On devrait avoir entre 70 000 et 75 000 livres pour bien desservir la population du quartier, mais on peut en rentrer au maximum 50 000 dans l’édifice. C’est impossible d’avoir une collection qui réponde aux normes.»

La bibliothèque Maisonneuve reflète l’état lamentable de tout le réseau. La ville en a dressé un portrait peu reluisant dans son Diagnostic des bibliothèques municipales de l’île de Montréal, publié en 2005. On y constate, entre autres, un manque flagrant de bibliothécaires, un taux de renouvellement des collections inférieur à celui de toutes les autres grandes villes canadiennes, un retard à peu près généralisé dans l’offre de documents audiovisuels et numériques et des heures d’ouverture insuffisantes.

Pour se consoler, il faudra éviter de se comparer. Sur la scène canadienne, Montréal termine bonne dernière pour ce qui est des collections et du nombre d'employés spécialisés. Le passé catholique du Québec et l’anti-intellectualisme du clergé ont laissé des traces qui prennent du temps à s’effacer.

Inégalité du réseau

La qualité du service et des ressources diverge d’un arrondissement à l’autre. Le professeur en bibliothéconomie à l’Université de Montréal, Réjean Savard, se désole des disparités qui existent entre les différentes bibliothèques de quartier. Celles de l’est de l’île, dans les arrondissements les plus défavorisés, sont les moins bien dotées à tous les niveaux, alors que les meilleures sont dans les quartiers anglophones, dit-il.

Les Montréalais ont accès gratuitement aux ressources des bibliothèques du réseau. Mais avec les défusions, celles qui étaient les mieux équipées, à Westmount, Côte Saint-Luc ou Pointe-Claire, n’en font plus partie. «La bibliothèque de Montréal-Est, une des seules qui avaient une documentation audio-visuelle importante, s’est défusionnée. Le réseau est devenue encore plus pauvre dans ce domaine», dit la conseillère en ressource documentaire au réseau des bibliothèques de Montréal, Gina Pinet. Si les Montréalais veulent utiliser les ressources des bibliothèques des villes défusionnées, ils devront débourser dès l’automne des frais qui varient entre 25$ et 175$ par année, dépendamment des arrondissements.

Réseau à deux vitesses

Depuis les fusions municipales de 2002, les 55 bibliothèques de l’île de Montréal relèvent des conseils d’arrondissements. Cela signifie que ce sont les élus municipaux qui décident des sommes à verser aux bibliothèques.

Interrogés sur le sujet, les bibliothécaires de la ville ont refusé de commenter ce nouveau mode de gestion, à l’exception d’une seule qui a voulu garder l’anonymat. «Ça risque de créer un réseau à plusieurs vitesses. Ç’a déjà commencé à se concrétiser», s’inquiète-t-elle. «Le développement des bibliothèques dans chacun des arrondissements dépend de la volonté politique des décideurs de bien doter leur bibliothèque ou pas. Avant, chaque citoyen était égal, alors qu’aujourd’hui, si tu as le malheur d’être dans un arrondissement qui se fout des bibliothèques, tu vas avoir un service de moins bonne qualité.»

Cette inquiétude semble s’être concrétisée l’an dernier avec la décision de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, un des quartiers les plus défavorisés de la ville, d’abolir deux postes permanents de bibliothécaires. C’est une aberration, selon Réjean Savard, alors que le Diagnostic de la ville décrie l’insuffisance de personnels qualifiés. Mais bonne nouvelle, l’arrondissement a annoncé début avril qu’elle maintenait les postes. «C’était une vue de l’esprit qu’on avait coupé, on avait organisé autrement. Mais le démontrer, c’était l’enfer», dit le chef de division pour la culture de l’arrondissement, Richard Paulhus.

Le réseau des bibliothèques publiques de Montréal est impuissant devant la nouvelle structure municipale. «Tout ce qu’on peut faire, c’est donner des conseils aux élus municipaux, les accompagner. On n’a aucun droit de regard sur la gestion», dit Gina Pinet, qui craint aussi que les disparités entre les bibliothèques ne s’accentuent.

Richard Paulhus ne s’inquiète pas.«Il y a déjà un système à deux vitesses. Quand on regarde les anciens et les nouveaux arrondissements de Montréal [qui sont fusionnés], il y a toute une différence entre les deux. Ce serait difficile de détériorer les choses. Elles le sont déjà assez. Mais le pouvoir de le faire est là», concède-t-il.

«La BNQ nous rentre dedans»

Le réseau des bibliothèques publiques n’est pas très fréquenté. En termes d’abonnements, Montréal arrive au dernier rang de l’ensemble des villes canadiennes de sa dimension. Avec l’arrivée de la Bibliothèque nationale, les bibliothèques de quartier ont encore baissé en popularité.

Les chiffres du réseau des bibliothèques publiques de Montréal révèlent une diminution du taux de prêts de 3 % dans la dernière année. À la bibliothèque Maisonneuve, il a chuté du quart, selon le bibliothécaire François Séguin. «La BN nous rentre dedans, parce qu’elle offre plus. Les gens fréquentent moins les bibliothèques municipales parce qu’on ne répond pas à leurs besoins. Le jour où l’on va avoir des heures d’ouverture plus convenables, davantage d’espaces, des meilleures collections et de la documentation audio-visuelle, les gens vont revenir.»

Plus au nord, à quelques minutes du métro Jarry, la bibliothèque Le Prévost note pour sa part une diminution de 10 % de son taux de prêt. «Je comprends l’engouement des gens pour la Grande bibliothèque. C’est beau, c’est grand, c’est neuf. Ici, c’est petit, c’est sombre, c’est vieux», dit la bibliothécaire, Danielle Keable.

La BN rayonne

La Grande bibliothèque a créé une nouvelle effervescence autour des livres et de la lecture, croit François Séguin. «On réalise que ça n’a pas de bon sens, il faut offrir des DVD, il faut améliorer nos heures d’ouverture et nos collections.» Selon lui, l’engouement pour la BN est la preuve que les gens veulent des bibliothèques.

L’ouverture d’un temple du savoir en plein cœur du centre-ville devait redynamiser le réseau des bibliothèques publiques, explique Réjean Savard, qui a participé à l’élaboration du concept. «Mais ça tarde à venir. La BN ne tient pas toutes ses promesses. C’est important qu’elle serve de réservoir pour les bibliothèques de quartier et qu’elle offre le prêt inter-bibliothèque.»

Avec l’inauguration de la Grande bibliothèque, la ville avait promis de relancer ses bibliothèques municipales. Elle a élaboré un plan de redressement du réseau étalé sur dix ans, qui nécessite 200 millions de dollars. Près d’un an après son dépôt, la ville vient de débloquer 1,9 million de dollars pour augmenter les heures d’ouverture à 47 heures par semaine pour toutes les bibliothèques du réseau. «On est encore loin de la norme minimale de 62 heures, mais c’est une amélioration», dit Gina Pinet.

Aucun autre engagement n’a été pris par la Ville, qui espère obtenir de l’argent de Québec pour arriver à ses fins. La ministre de la Culture, Line Beauchamp, prévoit bientôt faire une tournée de consultations sur les bibliothèques à travers le Québec. Réjean Savard est déçu. «Ce n’est pas une mauvaise, mais j’attendais une prise de décision. Ça n’avance pas.»